Chirec Delta Bruxelles - Séchage des mains - Toilettes sans contact

Les derniers chiffres montrent que les producteurs d’essuie-mains en papier ont perdu plus de 800 millions de dollars de revenus entre 2012 et 2020 en raison de la concurrence des sèche-mains électriques. Depuis l’introduction sur le marché des sèche-mains électriques à air pulsé, l’industrie du papier a mené plusieurs études pour montrer que ces appareils seraient moins hygiéniques que les essuie-mains en papier.

Le European Tissue Symposium (ETS) est une organisation basée à Bruxelles qui représente les intérêts de l’industrie du papier, dont les acteurs Kimberly-Clark et SCA. Leur tâche consiste notamment à limiter les pertes de recettes en attaquant les sèche-mains à air pulsé et en diffusant des informations trompeuses. Ainsi, depuis 2008, l’ETS a financé et publié des recherches dans le but de susciter la méfiance du grand public à l’égard des sèche-mains à air pulsé.

En 2017, un plan détaillé a été publié sur le site de l’ETS, révélant comment seraient attaqués les sèche-mains électriques au moyen d’une campagne de publicité. Toutefois, cette campagne était fondée sur des recherches scientifiques fallacieuses. L’étude, qui s’intéressait à la propagation de microbes résistants aux antibiotiques, a été menée pour le compte de l’Université de Leeds dans les espaces sanitaires de trois hôpitaux en France, en Italie et au Royaume-Uni. Les résultats ont montré qu’il n’y a pas de conclusion claire sur la différence de performances en matière d’hygiène entre les essuie-mains en papier et les sèche-mains à air pulsé. Néanmoins, certains professent dans les médias que le papier serait plus hygiénique et des informations trompeuses sur l’hygiène des sèche-mains sont diffusées.

Plus tôt, en 2015, l’ETS avait rémunéré un chercheur de l’Université de Westminster. Au cours de son expérience, celui-ci a infecté artificiellement des gants avec une quantité de microbes environ 100 000 fois supérieure à la normale. Ensuite, les maints gantées ont été placées – sans lavage préalable – dans le sèche-mains pour qu’il souffle sur les microbes. Sur la base de cette expérience au protocole peu rationnel, le chercheur a conclu que les essuie-mains en papier étaient plus hygiéniques. Par la suite, l’ETS a versé plus de 100 000 € au cabinet de relations publiques bruxellois Duo Media pour diffuser ces conclusions trompeuses sans mentionner la méthode (peu réaliste) utilisée.

Tout cela faisait suite à une étude antérieure de l’industrie du papier, réalisée en 2013 par SCA Hygiene Products (la société mère de Tork) et Campden BRI. Celle-ci avait conclu que, dans des circonstances normales, l’utilisation d’un sèche-mains à air pulsé n’avait pas d’impact significatif sur la quantité de bactéries dans l’air des espaces sanitaires par rapport aux essuie-mains en papier.

Pour une analyse détaillée de ces trois études de l’industrie du papier, voir :